Météo :
| Canicule = plafonds hauts, mais stabilite en bas ... Vent de SE modere (environ 20km/h). |
Le récit :
| Bleyne/Livet (Est de Chamrousse)/Saint-Leonard (proche Sion en Suisse) 332.54km - Distance 1pt de contournement 9h40 de vols, vario max 9.6m/s et 4190m de plaf max La meteo exceptionnelle de cette semaine, grosse chaleur et hauts plafonds, a vu l’ajout d’un element en plus ... une tendance Sud. Ceci ne m’a pas laisse indifferent, et ce bon vieux projet qui me trotte dans la tete depuis bien des annees maintenant, a peut etre trouve un bon creneau pour etre mis a execution. Donc ce jeudi matin (20 Aout) encore incertain quant a la force du vent et surtout l’etat de stabilite ou plutôt d’instabilite de la masse d’air, je reverifie les previsions MTOBlue, et tout semble etre la. Direction Col de Bleyne. Le vent de Sud Est est déjà present, le ciel est bleu pas de cum a l’horizon … 1/ Lutte avec les elements, Part1 Deco vers 10h30, qques zig zag avant qu’un cycle ne parte … 2800m. Pas mal ! Par contre ma transition en air « tres » calme vers le NO se passe tres bien, trop bien en fait … car l’air est étonnement calme ! C’est monstre stable tout ca !!! Un petit relais un peu apres Brianconnet (La Sagne) en passant par la « voie directe », mais c’est pas fameux, je continue vers Le Puel au dessus d’Annot, ou rien ne se passe. Je continue vers le Puy de Rent, ou cette soupe chaude ne me donne rien n’a tourner ! Oulala, je suis bas je me jette dans les faces Est, car le vent est plutôt oriente SE. Je remonte doucement au niveau du Sommet du Puy de Rent, juste assez pour me jetter a des hauteurs pas tres encourageantes dans les faces Est du Cordeil. Pas courant tout ca !!! Soaring, je remonte au niveau des cretes. Un peu de patience, ca va venir. Mouais … ca monte faiblement …mais heureusement que ca derive ! Je vois de beau cum dans le montagnes. Ca montre qu’il va falloir chercher a trouver des reliefs haut si je veux m’extraire de cet air bien trop stable pour faire qque chose de sympa ! Je passe une fois n’est pas coutume par la montagne de Chamatte. Ca va me permettre d’eviter les « bas reliefs de Carton, Cadun, etc … Enfin un beau cycle. Ca derive fort SE. Je suis les « hauts reliefs » et file dans la combe Sud/Sud Est du Trauma. Aujourd’hui le monstre n’y est pas (ce qui y sont passe le connaisse bien). Je file vers le N, je suis assez haut. Je prend un bon cycle a « l’Aiguillette ». Je fais le plein, pas loin de 3800m. Et je file vers le N. Le vent me pousse mais raisonnablement (environ 20km/h). Il est 13h, je fais qques ronds au dessus de Dormillouse pour dire salut a mes camarades assis au deco en attendant une manche qui sera finalement annule au British Open. Je passe au Morgon, toujours rien de bien bon a enrouler, je suis a 290mm quand je pars vers les Aiguilles de Chabrieres. Je me dis qu’avec le Sud et le fait qu’il n’est pas tard, ca devrait raccrocher. J’arrive en face, tout marche comme prevu, je remonte facilement, pas besoin de tourner ca monte tout seul !!! 2/ Comme dans un reve, Part1 A partir de la, je ne vais pas rentrer dans les details ca ne sera pas necessaire … Ca monte bien et globalement partout ou ca doit monter. Pas de difficultes particulieres. Entre les Aiguilles de Chabrieres et Notre Dame de la Sallette je suis le bord des massifs (Champsaur je crois). Toujours au bord de la grande vallee/plaine. Sur le Chamoux (sommet au dessus de Ntre Dame de la Sallette) je remonte a 3800m et traverse directement sur le Coiro. Et la, je suis recu avec les honneurs ;-) 9.6m/s au max et un honnorable 7.8m/s integre me propulse a quasiment 4200m. DE superbe Cums, marque une sorte de ligne de convergence/thermique entre le vent de SE et les thermiques qui se forment sur les plus hauts sommet de Belledone. Du Coiro, je vais osciller entre 3500m et 4200m jusqu'à Pic du Frene (il me semble). A partir de la, les reliefs descendent, les montagnes semble se faire manger par un air stable et hostere … Les cums ont disparu, il reste que du bleu devant moi … Je n’arrive plus a monter tres haut. Je passe par les Grand Moulins et me dis que si j’essaie de passer par la vallee des huiles et Gd Arc, je vais y rester. Il faut sortir le grand jeu et oublier les itineraires pre-etablies : il faut rester le plus haut possible pour avoir une chance de choper qques thermiques pour avancer. Je deteste l’été et la stabilite ;-) Je prefere les vols du printemps ou tout s’enchaine et ou ca repart meme quand on est sur le point de se poser ! 3/ Lutte avec les elements, Part 2. Des grands Moulins je decide de me jetter en Maurienne et vise la chaine de la Lauziere. Ca marche. Je remonte et suis la crete vers le N jusqu’au Mt Bellache. Je traverse maintenant la Tarentaise et raccroche juste sous la croix de Secheron. La je prend la brise dans le nez et joue du barreau pour passer l’arrete prinicipale pour passer au vent. Mais ou est donc passer le vent de Sud ?! Pas tres haut au dessus des cretes, je m’engage a l’interieur et saute sur le Grand Mont. Le beaufortin et toutes sa splendide verdure me tendent les bras. Les petites falaises de Roche Parstire, au pied du lac de Roseland me permettent de grapiller qques metres precieux … pour aller raccrocher le Rocher du Vent. J’ai l’impression d’etre un touriste en vacance, en train de me promener dans le belles montagnes des Alpes du Nord, et profitant du paysage … Je saute d’une crete a l’autre. Il n’y a plus de place pour de la vitesse, de l’attaque, de l’optimisation. Je suis plutôt en mode survie ou chaque depart de crete se fait en se disant que la prochaine transition est la derniere. Le ciel est toujours vierge de toutes traces de thermiques. Les belles faces Ouest du Massif du Mont Blanc sont accrochees par de superbes cumulus. Ils sont hauts, ils sont beaux et me narguent de tant de vigueur alors que dans mon coin je lutte dans des bulles anemiques et inconsistantes. 4/ Comme dans un reve, Part2 Mais en soaring sur « mon » Rocher du Vent, les choses vont basculer ! Je suis l’arete qui remonte vers le NE, profite d’une bulle pour faire qques tours pour aller raccrocher le rocher du Bonhomme. Ca monte toujours pas vraiment et bascule dans le col pour aller dans la valle des Contamines. Et enfin, sous la Tete d’Enclave, les parois qui montent au ciel m’ont permis de sortir de cette maudite couche de stabilite pour aller me rafraichir a des altitudes un peu plus excitantes. Je remonte a 3400m et chemine a peu pres a cette altitude le long de ces grandes falaises, et ces magnifiques glaciers. Il est tard, a peu pres 19h je crois, le soleil prend des tons orange. Les nuages, les parois, les glaciers, les couleurs de cette fin de journee, la fraicheur environnante – c’est tout simplement magnifique !!! Indescriptible avec des mots, c’est ce genre de moments vraiment particulier qui restera graver au fond de moi pour toujours. Au dela de la distance, ce moment fut comme un cadeau, un moment unique plein d’emotion, de plaisir des yeux, des sens. Pour eviter la zone interdite des faces ouest du Mt Blanc en juillet/aout, je fais une diagonale en direction du Brevent. Je prend le vent dans le nez en arrivant et me fait bouger. Je n’insiste pas et repars vers le Lavanchet pour esssayer d’aller le plus loin possible. Toute la vallee est a l’ombre, je tourne dans tout ce qui bouge, je glisse les bras rentres dans la sellette. Chaque metres comptent. 5/ L’inimaginable est toujours possible Il est a peu pres 19h15-19h30 je glisse vers le Col des Montets, a peu pres 200m sol. Je pense me poser satisfait d’avoir reussi a aller jusqu’en Suisse ;-) Et la je prend une micro bulle qui je suppose est la confluence des deux restes de brises mortes venant des deux cotes du col. Et je remonte !!! A 2600/2700m au dessus de l’Aiguillette des Posettes je pars en direction de Martigny. LA brise de la vallee du Rhone va jouer en ma faveur !!! A partir de la, je ne tourne plus. Je file droit en cheminant le mieux possible sur la rive gauche du Rhone, le long des faces NO. Et j’ai droit a une glissade interminable qui se terminera, le soleil couche derriere les montagnes, jusqu’au village de Saint-Leonard (apres avoir passe Sion). Pose juste apres 20h. Pour la petite histoire, je vais prendre un train ce soir la jusqu'à l’aeroport de Geneve. Et un avion le lendemain matin pour Nice. A 9h30 j’étais de retour a la maison ! PS – Qu’est il arrive a la trace GPS ??? Mon ancien GPS donnant des signes de fatigue, j’en ai achete un nouveau. N’ayant fait qu’un seul vol avec, je pensais – a tort – que les piles pourraientt largement me faire un autre vol. Mes camarades me vantaient les merites d’autonomie de celui-ci ! Bref, des l’Estrop ayant le niveau de batterie au dernier niveau, j’ai decide de garder un peu d’energie pour les points de contournements et le pose. D’où les gros segments eteinds. Mais meme pour cela, j’ai eu des difficultes. J’ai realise apres coup que le froid a était aussi un facteur important de perte de performances des piles ! |
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